Retour en vidéo sur la remise du Prix International Théophile Legrand de l'Innovation Textile 2011
Munir Ashraf remporte le prix de l'innovation textile
Retour sur le Prix International Théophile Legrand de l'Innovation Textile 2011
Le créateur d’un « textile autonettoyant et antibactérien », remporte le Prix International de l’innovation textile 2011
Philippe Taquet, Vice-président de l'Académie des Sciences et Munir Ashraf, lauréat du Prix de l'Innovation Textile 2011
Munir Ashraf, un Pakistanais de 29 ans, a reçu le 1er octobre au Bol Vert à Trélon (59), des mains de Philippe Taquet, Vice-président de l'Académie des Sciences, le Prix International Théophile-Legrand de l'Innovation Textile 2011. Après avoir effectué des études d'ingénieur textile au Pakistan, Munir Ashraf poursuit actuellement sa formation en qualité de doctorant à l’ENSAIT à Roubaix. Il collabore actuellement dans deux laboratoires du Nord de la France : le Laboratoire des Matériaux céramiques et Procédés Associés (LMPA) à Maubeuge et Génie et Matériaux Textiles (GEMTEX) à Roubaix. Il a inventé un textile capable de tuer les bactéries et de se nettoyer tout seul.
Les membres du jury, Philippe Taquet et les deux lauréats du Prix de l'Innovation Textile 2011
Un Prix de renommée internationale !
Organisé par la Fondation Théophile Legrand – Institut de France, avec le concours de l’écomusée de l’avesnois et de l’Office de Tourisme de Fourmies et ses Environs, ce Prix international est ouvert à tous les chercheurs, les doctorants ou aux étudiants de niveau Master (bac + 5 et plus). Son but est de favoriser l’innovation textile, la recherche, l’émulation et l’imagination, en mettant en lumière d’un côté la création technique ou industrielle et de l’autre la création mécanique, directement liées au monde textile. Cette compétition doit aussi servir de tremplin à des chercheurs qui sont en capacité d’inventer le textile de demain !
Il y en a environ une soixantaine de doctorants de par le monde. 12 d’entre eux ont déposé en 2011 un dossier de candidature pour participer au Prix de l’Innovation Textile. 3 étaient des chercheurs Français. Les 9 autres étaient originaires du Pakistan, de Lituanie, de Turquie, de Grande-Bretagne, d'Italie, d'Allemagne, d'Égypte, de Thaïlande et de Chine. Les dossiers présentés aux experts sont des projets textiles à la pointe de la technologie et de l’innovation. Plusieurs d’entre eux devraient pouvoir être commercialisés dans les années à venir.
Gauthier Bedek, lauréat 2010
Succéder au textile intelligent et au tee-shirt auto-rafraichissant !
En 2009, c’est un textile intelligent « anti feu » capable de détecter des températures spécifiques (seuil de douleur, point de fusion...) et même des produits chimiques dans l’atmosphère qui a remporté le premier prix Théophile Legrand de l’Innovation Textile. En 2010, les experts et le jury avaient choisi d’offrir les 10 000 euros de récompense à Gauthier Bédek, le créateur d’une fibre textile auto-rafraîchissante (dont le projet devrait être commercialisé sous forme de tee-shirts dès 2013).
Christian Cambier, fondateur de la Fondation Théophile Legrand - Institut de France
Le jury, aidé d'un comité d'experts, a dû cette année choisir entre 12 projets :
- Un textile antibactérien et autonettoyant
- Un processus industriel de découpe textile
- Un système de détection d'obstacles entièrement intégré dans des structures textiles pour des personnes mal ou non-voyantes
- De nouvelles technologies permettant de fabriquer des structures non-tissées en 3D, par aiguilletage oblique et sandwiches composites optimisés
- Une structure composite textile en trois dimensions pour la protection balistique de véhicules militaires terrestres
- Des panneaux textiles « électro réactif » dont les graphismes peuvent changer de couleur
- Un système d’assemblage pour la production de textiles intelligents, capable de changer de couleur ou d’inscription
- Un process industriel pour traiter les textiles manufacturés par ultraviolet, pour rendre le tissu imperméable et antibactérien
- Un textile intelligent électro-conducteur pour application médicale…
- Un pneumatique gonflant en fibre textile pour des applications médicales
- Un textile à base de fibres naturelles
- Des panneaux textiles harmonieux réagissant à la chaleur, la lumière et l'électricité
Le premier prix 2011 pour le pakistanais Munir Ashraf
Doctorant à l’ENSAIT à Roubaix et chercheur aux laboratoires GEMTEX de Roubaix et LMPA à Maubeuge, Munir Ashraf a développé un textile autonettoyant, empêchant la croissance des bactéries. Cette nouvelle fibre peut être utilisée dans divers domaines comme la médecine, le traitement des eaux et/ou à des fins d'ameublement. Ce nouveau procédé de textiles techniques et de textiles intelligents permet d’obtenir des résultats surprenants : les textiles peuvent se nettoyer comme les feuilles de lotus, mais aussi décolorer les taches de couleurs indésirables et tuer les bactéries (ou empêcher leur croissance) si elles s’attachent sur le tissu. Les techniques utilisées pour intégrer différentes propriétés fonctionnelles sur une seule et même étoffe, sont innovantes. Elles sont aussi très faciles à reproduire sur différents types de structures textiles et autres matériaux. Plusieurs tests ont été effectués avec succès. Plusieurs industriels sont déjà intéressés par ce nouveau textile aux propriétés révolutionnaires.
La famille Cambier et Senen Kursun Bahadir, seconde lauréate du Prix de l'Innovation Textile 2011
Le 2ème Prix pour un système textile de détection d'obstacles !
Le second Prix Théophile Legrand de l’Innovation Textile a été remis par Christian et Dominique Cambier, fondateurs de la Fondation Théophile Legrand - Institut de France et co-présidents du Comité de sélection des lauréats, à Senen Kursun Bahadir, doctorante originaire de Turquie à l’ENSAIT-GEMTEX de Roubaix et à l’ITU Textile Technologies and Design Faculty d’Istanbul en Turquie. Elle a inventé un système de détection d'obstacles portable entièrement intégré à des structures textiles pour des personnes malvoyantes. Ces textiles pourraient être développés dans les secteurs militaires, sportifs ou dans le milieu médical. Ces nouveaux textiles permettent de créer une gamme de vêtements interactifs, électroniques et intelligents. Plusieurs tests ont été effectués avec succès.
Du passé à l’avenir…
Ce Prix International de l’Innovation Textile a été créé par Christian Cambier, le descendant direct de Théophile Legrand, un entrepreneur innovant du 19ème siècle qui fut à l'origine de l'expansion économique textile de la ville de Fourmies. Sous son impulsion, la cité nordiste est devenue le premier centre mondial de laine peignée dès 1860. Théophile Legrand (1799-1877) substitua l'industrie de la laine peignée à celle du coton, en favorisant l’installation des machines à vapeur et l’industrialisation de la filière textile. 134 ans après sa disparition, la crise économique et les délocalisations n’ont pas mis un terme à la recherche dans le textile et aux innovations. Plus que jamais, la région Nord-Pas-de-Calais reste une référence mondiale dans le domaine du textile innovant. Les deux chercheurs primés en 2011 sont une preuve éclatante du dynamisme régional, capable d’attirer les meilleurs doctorants internationaux !
Paul Schuler, Coordinateur du Prix International Théophile Legrand avec Jean-Louis Chappat, auteur de la biographie sur Théophile Legrand et ses collaborateurs
Renseignements : 06 62 85 60 11 / 03 27 60 88 22 / theophile-legrand@hotmail.fr
Retrouvez toute l’actualité de la Fondation sur : www.theophilelegrand.w1w.fr
Christian Cambier et Senen Kursun Bahadir, seconde lauréate du Prix de l'Innovation Textile 2011
Le spectacle de l'Innovation Textile 2011 par la compagnie Odile Pinson
Cérémonie de remise du Prix International Théophile Legrand de l’Innovation Textile ce samedi 1er octobre au Bol Vert à Trélon
18 000 € de prix pour l’innovation textile !

A l’initiative de la Fondation Théophile Legrand - Institut de France, deux « Prix de l’Innovation Textile » seront décernés le samedi 1er octobre à 16h30, à l'auditorium du Bol Vert à Trélon, au cours d’une cérémonie de prestige et festive présentée par Paul Schuler. Cette manifestation est organisée par l’écomusée de l’avesnois, en partenariat avec l’Office de Tourisme Intercommunal de Fourmies, Nicolas Soulié et l’Institut de France. Ces deux prix, d’une valeur totale de 18 000 €, récompenseront deux chercheurs pour la création originale d’une matière, d’une fibre ou d’une étoffe, dans le domaine du textile technique, d’un mélange des matières ou de nouveaux procédés de production industrielle textile.
12 candidats de 10 nationalités différentes !
Il s’agit d’un concours international, ouvert à tous les chercheurs, les doctorants ou aux étudiants de niveau Master (bac + 5 et plus). Son but est de favoriser l’innovation textile, la recherche, l’émulation et l’imagination, en mettant en lumière d’un côté la création technique ou industrielle et de l’autre la création mécanique, directement liées au monde textile. Cette compétition doit aussi servir de tremplin à des chercheurs qui sont en capacité d’inventer le textile de demain ! Il y en a environ une soixantaine de doctorants dans le monde. 12 d’entre eux ont déposé un dossier de candidature. 3 sont des chercheurs Français. Les 9 autres viennent du Pakistan, de Lituanie, de Turquie, de Grande-Bretagne, d'Italie, d'Allemagne, d'Égypte, de Thaïlande et de Chine.
A la pointe des nouvelles technologies !
Les objectifs initiaux de la Fondation Théophile Legrand – Institut de France et de son partenaire l’écomusée de l’avesnois sont d'assurer un lien entre le glorieux passé industriel de la région Fourmies et le futur de l’industrie textile. Dans ce cadre, le Prix de l’Innovation Textile 2011 a largement atteint le but, puisque les dossiers déposés sont à la pointe de la technologie et de l’innovation. Plusieurs d’entre eux devraient pouvoir être commercialisés dans les années à venir.
Succéder au textile intelligent capteur de températures spécifiques et auto-rafraichissant !
Après un textile intelligent anti feu en 2009, capable de détecter des températures spécifiques (seuil de douleur, point de fusion...) et même des produits chimiques dans l’atmosphère, puis une fibre textile auto-rafraîchissante en 2010, le jury, aidé d'un comité d'experts, a dû cette année choisir entre 12 nouveaux projets :
- textile antibactérien
- système de détection d'obstacles entièrement intégré dans des structures textiles pour des personnes mal ou non-voyantes
- structure composite textile en trois dimensions pour la protection balistique de véhicules militaires terrestres
- textiles harmonieux réagissant à la chaleur, la lumière et l'électricité
- textile auto nettoyant
- processus industriel de découpe textile
- nouvelles technologies permettant de fabriquer des structures non-tissées en 3D, par aiguilletage oblique et sandwiches composites optimisés
- création de panneaux textiles électro-réactifs
- système d’assemblage pour la production de textiles intelligents
- fibre textile capable de changer de couleur ou d’inscription
- textile intelligent électro-conducteur pour application médicale…
- textile à base de fibres naturelles
Résultat le 1er octobre au Bol Vert à Trélon
Après délibération et enquête de vérification sur la fiabilité des projets présentés, le jury et les experts ont choisi 2 lauréats. Leurs noms seront dévoilés ce samedi 1er octobre, au Bol vert à Trélon. La cérémonie sera précédée d’une visite guidée gratuite de l’atelier-musée du verre, site de l’écomusée de l’avesnois (situé dans l’enceinte du Bol Vert à Trélon), suivie d’une prestation de l’harmonie de Trélon et de la confrérie du carnaval de la Saint Pansard.

Programme du 1er octobre 2011 :
15h : visite guidée gratuite de l’atelier-musée du verre à Trélon
16h : Prestation à la sortie du musée la confrérie de la Saint Pansard et de l’harmonie de Trélon
16h30 : cérémonie de remise du Prix International de l’Innovation textile à l’auditorium du Bol Vert
18h : Cocktail dinatoire animé par l’orchestre de jazz du théâtre de Fourmies, sur réservation.
Renseignements pratiques :
Réservation obligatoire à l’écomusée de l’avesnois au 03 27 60 66 11 ou par mail à theophile-legrand@hotmail.fr jusqu’au vendredi 30 septembre à 18h.
Information auprès de Paul Schuler, coordinateur du Prix : 03 27 60 88 22 ou p.schuler@ecomusee-avesnois.fr
Créé par la Fondation Théophile Legrand - Institut de France, ce concours bénéficie du soutien de CLUBTEX (le groupement des industriels du textile technique du Nord de la France), du magazine TUT, de l’écomusée de l’avesnois, de l’Office de Tourisme de Fourmies et ses Environs et des plus grandes écoles françaises d’ingénieurs dans le domaine du textile.
Prix International Théophile Legrand de l’Innovation Textile ce samedi 1er octobre au Bol Vert à Trélon
Un invité de marque pour le Prix Théophile Legrand 2011
C’est le Vice président national de Académie des Sciences et célèbre paléontologue Philippe Taquet (à l’origine de nombreuses découvertes sur les dinosaures) qui remettra ce samedi 1er octobre à 16h30 le Prix Théophile Legrand – Institut de France de l’Innovation textile au premier lauréat.
Né le 25 avril 1940 à Saint-Quentin, directeur du Muséum national d'histoire naturelle de 1985 à 1990, Philippe Taquet a été lauréat de la Fondation de la Vocation et docteur en sciences en 1973. Il a commencé sa carrière en qualité de chercheur au CNRS de 1965 à 1981, puis titulaire de la chaire de paléontologie du Muséum national d'histoire naturelle à partir de 1981. Il a dirigé l'unité de recherche associée du CNRS, "Paléoanatomie, phylogénie, paléobiogéographie" de 1981 à 1996.
Philippe Taquet est également l'un des initiateurs du Musée des dinosaures de Savannakhet (Laos). Il a été élu depuis 2004 Président de la Commission Internationale pour l'histoire de la géologie (INHIGEO) et il vient d’être élu Vice président national de l'Académie des Sciences pour la période 2011-2012. Proche de la famille Cambier, fondateur de la Fondation Théophile Legrand à Fourmies, Philippe Taquet est un éminent membre de l’Institut de France. Il a rejoint depuis 2009 le Conseil d’administration de la Fondation Théophile Legrand – Institut de France, en hommage à sa famille originaire de l’Aisne et du Nord de la France.
Les candidats du Prix International Théophile Legrand de l'Innovation Textile 2011
La liste des 12 candidats du Prix International Théophile Legrand 2011
Voici la liste des 12 candidats qui ont déposé un dossier de participation au Prix International Théophile Legrand de l’Innovation Textile 2011 :
Munir Ashraf (Pakistan) : Chercheur au laboratoire GEMTEX à Roubaix et au LMPA à Maubeuge
Lina Girdauskaite (Lithuanie) : Doctorante à l'Université de Technologie de Dresde (Allemagne)
Senen Kursun Bahadir (Turquie) : Doctorante à l’ENSAIT-GEMTEX de Roubaix et à l’ITU Textile Technologies and Design Faculty d’Istanbul (Turquie)
Cyril Lainé (France) : Doctorant à l’école des Mines de Douai et Master 2 recherche en Sciences des Matériaux à l’Université de Lille 1
Marie Lefebvre (France) : Doctorante en 4ème année de Mécanique des Matériaux à l’Université UVHC de Valenciennes et au laboratoire GEMTEX à l'ENSAIT à Roubaix, en projet REI (Recherche Exploratoire Innovante) pour la D.G.A.
Céline Marcq (Grande Bretagne) : Doctorante au Central Saint-Martins College of Art and Design at London
Ludivine Meunier (France) : Doctorante en automatique à l’ENSAIT à Roubaix
Monica Periolatto (Italie) : Doctorante en 3ème année à l'Institut Polytechnique de Turin en Italie, département des sciences des matériaux et ingénierie chimique
Anne Schwarz (Allemagne) : Doctorante en ingénierie textile à l'Université de Gand en Belgique (Département Textile)
Fawzy Sherif (Egypte) : Doctorant à l'Université de Technologie de Dresde (Allemagne)
Hao-Ni Tsai (Thaïlande) : Doctorante au Central Saint-Martins College of Art and Design at London (GB)
Elaine Ng Yan Ling (Chine) : Doctorante au Central Saint-Martins College of Art and Design at London
Synthèse des dossiers des 12 candidats du Prix International Théophile Legrand de l’Innovation Textile

Création d’un « textile auto nettoyant » et anti bactérien
Munir Ashraf (Pakistan) : Chercheur au laboratoire GEMTEX à Roubaix et au LMPA à Maubeuge
Ce chercheur a développé un textile auto nettoyant, empêchant la croissance des bactéries. Cette nouvelle fibre peut être utilisée dans divers domaines comme la médecine, le traitement des eaux et/ou à des fins d'ameublement. Ce nouveau procédé de textiles techniques et de textiles intelligents permet d’obtenir des résultats surprenants : les textiles peuvent se nettoyer comme les feuilles de lotus, mais aussi décolorer les taches de couleurs indésirables et tuer les bactéries (ou empêcher leur croissance) si elles s’attachent sur le tissu. Les techniques utilisées pour intégrer différentes propriétés fonctionnelles sur une seule et même étoffe, sont innovantes. Elles sont aussi très faciles à reproduire sur différents types de structures textiles et autres matériaux.

Création d’un processus industriel de découpe textile
Lina Girdauskaite (Lithuanie) : Doctorante à l'Université de Technologie de Dresde (Allemagne)
Son étude porte sur la création d’un système industriel qui améliore le processus de découpe du textile « drapant » par l’application d'un liant à la structure sur les zones appropriées. Ce processus empêche toute déformation indésirable lors de l'empilement ou le drapage des tissus.

Création d’un système de détection d'obstacles portable entièrement intégré à des structures textiles pour les personnes malvoyantes
Senen Kursun Bahadir (Turquie) : Doctorante à l’ENSAIT-GEMTEX de Roubaix et à l’ITU Textile Technologies and Design Faculty d’Istanbul (Turquie)
Cette doctorante a conçu et développé des textiles intelligents qui détectent les obstacles. Ces textiles peuvent être très utiles pour les personnes non voyantes ou malvoyantes. Ils pourraient être développés dans les secteurs militaires, sportifs ou dans le milieu médical. Ces nouveaux textiles permettent de créer une gamme de vêtements interactifs, électroniques et intelligents. Plusieurs tests ont été effectués avec succès.

Création de nouvelles technologies permettant de fabriquer des structures non-tissées 3D par aiguilletage oblique et sandwiches composites optimisés
Cyril Lainé (France) : Doctorant à l’école des Mines de Douai et Master 2 recherche en Sciences des Matériaux à l’Université de Lille 1
Cette thèse s’inscrit dans le cadre d’un projet du pôle de compétitivité Up-Tex intitulé NWC-X. Le chercheur a inventé un prototype industriel innovant qui permet de réaliser de nouvelles structures textiles en 3D, en améliorant le comportement mécanique des structures sandwiches 3D par homogénéisation périodique. Les sandwiches 3D sont créés en utilisant un nouveau procédé d'aiguilletage breveté appelé NWC-X qui découle de la technologie Napco.
L’aiguilletage consiste à traverser des nappes non tissées avec des aiguilles munies de barbes. Ces barbes ont une forme spécifique et entraînent de manière identique à des crochets, les fibres des non-tissés en surface dans la direction perpendiculaire à la surface des nappes. Dans le cas présent, il s’agit de créer des renforts fibreux dans l’âme polymérique d’un sandwich. Le sandwich est composé de peaux non-tissées et d’une âme intermédiaire. Les peaux sont traversées par des aiguilles entrainant la création d’un pont fibreux entre elles et à travers l’âme.

Structure composite textile 3D pour la protection balistique de véhicules militaires terrestres
Marie Lefebvre (Lille / France) : Doctorante en 4ème année de Mécanique des Matériaux à l’Université UVHC de Valenciennes et au laboratoire GEMTEX à l'ENSAIT à Roubaix, en projet REI (Recherche Exploratoire Innovante) pour la D.G.A.
Elle travaille sur la création d’une nouvelle structure composite à base de fibres textiles tissées en trois dimensions « interlocks » (par le biais d’un système de tissage multicouches), pour le secteur de la défense et en particulier pour la protection balistique de véhicules militaires terrestres. Son objectif est de renforcer les blindages métalliques, tout en réduisant les effets de projection de matériaux après impact, pour amortir les chocs et améliorer le confort des occupants. L’incorporation de cette innovation textile 3D permet également de diminuer l’utilisation de blindage métallique. Le poids total de la structure est donc fortement réduit. Pour répondre aux exigences attendues, ce nouveau tissu 3 D est conçu avec des fibres de haute performance (fibre aramide, fibre de verre, fibre de polyéthylène…).
Les résultats des tests effectués dans des laboratoires de tirs sont concluants. Il reste à transférer la technologie de tissage à main vers les machines automatiques, pour engager une phase d’industrialisation à plus grande échelle de cette solution technique. Ce projet est co-financé par la DGA et la société NEXTER SYSTEMS spécialisée dans le développement de nouveaux systèmes de défense.
Création de panneaux textiles « électro réactif »
Céline Marcq (Grande Bretagne) : Doctorante au Central Saint-Martins College of Art and Design at London
« Matière discrète » est un projet de recherche sur les textiles visant à développer la réactivité des matériaux pour les futurs écrans ambiants, ce qui permettrait de visualiser l'énergie électrique. La doctorante a donc conçu des panneaux textiles électro – réactif, dont les graphismes changent de couleur lorsque des appareils électriques du quotidien sont allumés.

Création d’un système d’assemblage pour la production de textiles intelligents, capable de changer de couleur ou d’inscription
Ludivine Meunier (France) : Doctorante en automatique à l’ENSAIT à Roubaix
Le but du projet « INTELLITEX » est de développer un système d’assemblage de production de vêtements intelligents. Il consiste à créer des afficheurs textiles électrochromes, permettant de mettre en avant l’adaptabilité des textiles à d’autres technologies. Le composé électrochrome est une substance chimique qui, lors de l’envoi d’un potentiel électrique, passe d’une couleur à une autre, et ce de manière réversible.
Ce potentiel électrique est en fait un potentiel d’oxydoréduction. Une impulsion suffit à obtenir le changement de couleur. Un composé électrochrome possède également un effet « mémoire ». Lorsqu’une tension est appliquée à un composé électrochrome, il passe d’une couleur à une autre, et la conserve dans un temps illimité. Pour obtenir à nouveau la première couleur, il suffit de faire une inversion des polarités du dispositif électrochrome.
En fonction de la diversité des couleurs que l’on peut obtenir, les faibles tensions et courants nécessaires, de nombreuses applications sont envisageables : domaine de l’habillement (vêtements usuels, vêtements de travail), domaine de la sécurité, domaine du bâtiment, etc… Pour l’application habillement, une petite source d’alimentation électrique (pile) peut être introduite dans les coutures. Pour des applications plus conséquentes, la source électrique devra être adaptée à la surface « active ».

Création d’un process industriel pour traiter les textiles manufacturés par ultraviolet, pour rendre le tissu imperméable et anti bactérien
Monica Periolatto (Turin - Italie) / Italie) : Doctorante en 3ème année à l'Institut Polytechnique de Turin, département des sciences des matériaux et ingénierie chimique
Sa recherche s'est portée sur le traitement de textiles manufacturés (coton, polyester, polyamide et soie) par ultraviolet, permettant de rendre le tissu imperméable à l’eau, mais aussi à l’huile. Les process de radiation rendent également le tissu anti bactérien. Le traitement par ultraviolet a été choisi pour ses qualités de respect environnemental, son faible besoin en énergie (traitement en basse température) et sa simple transférabilité au process industriel.
Cette découverte pourra être utilisée dans le cadre d’une production de vêtements imperméables, antibactériens et antitaches. Il s’agit donc d’une découverte écologique et économique : un process simple d’utilisation et novateur.
Création de textiles intelligents électro-conducteurs pour application médicale
Anne Schwarz (Allemagne) : Doctorante en ingénierie textile à l'Université de Gand en Belgique (Département Textile)
Cette thèse a été axée sur le développement de fils textiles électro-conducteurs, suivant deux méthodes distinctes : dépôt chimique de cuivre et d'or sur une surface de fils synthétiques et le filage de fils électro-conducteurs et élastiques. Grâce à ces deux technologies, des fils électro-conducteurs non-élastiques et élastiques, ont été produits et testés avec succès. Leurs propriétés mécaniques, physiques et chimiques peuvent être utilisées dans différentes applications médicales, telles que les textiles électrodes intégrées dans les bandages et les bas ou dans le domaine de l'électrothérapie (pour des enregistrements électrocardiographiques).

Un pneumatique gonflant en fibre textile pour des applications médicales
Fawzy SHERIF (Dresde – Allemagne / Egypte) : Doctorant à l'Université de Technologie de Dresde (Allemagne)
Il a créé un nouveau « pneumatique » (tissu gonflant) à base d’une nouvelle fibre textile innovante, capable de remplacer les sparadraps, le plastique, les plâtres ou les pansements. Cette invention, sorte « d’attèle gonflante », peut être utilisée pour traiter diverses fractures des os.
La structure du « pneumatique » contient une chambre à air offrant un contrôle de la pression sur la fracture du radius. Cette « attèle gonflante » est conçue avec 65% de coton et 35% de viscoses polyesters. Ce produit médical permet une action directe sur la circulation sanguine, afin d’obtenir une guérison plus rapide. Par rapport aux plâtres ou aux attèles en plastique qui sont difficiles à utiliser, lourds, non lavables et qui sont conçus individuellement, ce pneumatique en fibre textile est confortable, facile à utiliser, léger et lavable. Il peut être fabriqué en série et il offre une bonne fixation.
Création de textiles à base de fibres naturelles
Hao-Ni Tsai (Thaïlande) : Doctorante au “Central Saint-Martins College of Art and Design at London (GB)”
En s’appuyant sur des savoir-faire traditionnels et l’utilisation de différentes plantes, cette étudiante travaille sur la création de textiles innovants conçus avec des fibres naturelles (bois de bambou rock, le rotin ou le rami…)

Création de textiles harmonieux réagissant à la chaleur, la lumière et l'électricité
Elaine Ng Yan Ling (Chine) : Doctorante au “Central Saint-Martins College of Art and Design at London”
«Naturology» est un mot hybride qui combine nature et technologie. Son projet consiste à activer une technologie artificielle en stimulant des technologies naturelles, afin de créer des mouvements textiles architectoniquess. Le mouvement n’imite plus seulement le comportement de la nature, mais l'ajout d'un sens de la fluidité et la réactivité de l'architecture fonctionnelle, facilite l’harmonisation du tissu avec son environnement.
Présentation du jury et des experts du comité de sélection des lauréats du Prix Théophile Legrand 2011
Les membres du jury et le comité des experts 2011

Le comité de sélection est composé de membres du jury et du comité des experts. Il est présidé par Christian Cambier.
> Voici les membres du jury :
- Monsieur Christian Cambier, le fondateur de la Fondation Théophile Legrand – Institut de France, PDG et fondateur de la société de gestion Prigest à Paris.
- Madame Dominique Cambier, Membre de la fondation Théophile Legrand – Institut de France
- Monsieur Yves Cambier, Membre de la fondation Théophile Legrand – Institut de France
- Monsieur Patrice Gallant, Président de CLUBTEX, le groupement des industriels du textile du Nord
- Monsieur Yves Dubief, Président de la C.C.I. des Vosges, PDG de l’entreprise textile TENTHOREY à Eloyes
- Madame Catherine Donnadieu, Rédactrice en chef du magazine textile international TUT
- Monsieur Alain Renaut, Président du musée du textile et de la vie sociale à Fourmies

> Le comité des experts
- Monsieur Vladan Koncar, Directeur du laboratoire « GEMTEX » à Roubaix et Président d’AUTEX (Association of Universities for Textiles)
- Monsieur Ludovic Koehl, directeur adjoint du laboratoire GEMTEX à Roubaix, Professeur-chercheur à l’ENSAIT à Roubaix
- Monsieur Claude Torrez, Responsable du Département Chimie et Textile à l’Ecole des Hautes Etudes d’Ingénieurs de Lille (HEI)
- Monsieur Guy Nemoz, Consultant spécialisé en « textile technique et innovant »
- Monsieur Xavier Thierry, Responsable des Textiles Techniques de la société DYLCO à Bertry
- Monsieur François-Xavier Delatte, PDG de Duflot SAS à Caudry
- Monsieur Jean-François Bracq, Secrétaire Général de CLUBTEX,ancien PDG d'usine textile

> Invités pour avis consultatif :
- Monsieur Paul Schuler, Coordinateur du Prix International Théophile Legrand 2011, Directeur-adjoint de l’écomusée de l’avesnois et Président de l’Office de Tourisme de Fourmies et ses Environs
- Monsieur Louis de Genouillac, chargé de mission au bureau des fondations à l’Institut de France, Délégué de la fondation Théophile Legrand – Institut de France
Derniers jours pour s’inscrire au Prix International Théophile Legrand de l’Innovation Textile 2011
Appel à candidatures 2011 - Call for Applications Théophile Legrand International Award For Textile Innovation 2011
La Fondation Théophile Legrand - Institut de France, créée en 2007 à l’initiative de Christian Cambier et présidée par le chancelier de l’Institut de France, Gabriel de Broglie, a lancé le « Prix International Théophile Legrand de l’Innovation Textile 2011 ». Il s’agit du plus important Prix International de l’innovation textile. Le premier prix de 10 000 € et le second de 8 000 € récompenseront deux chercheurs qui auront inventé une nouvelle fibre textile et des procédés novateurs de production industrielle textile.
Les prix 2011 seront remis le samedi 1er octobre à 16h30, à l’auditorium du Bol Vert à Trélon (59).
Les dossiers de candidatures devront être rédigés en français ou en anglais. Ils devront être envoyés au plus tard, par courriel, le 07 août 2011 à : theophile-legrand@hotmail.fr
Les dossiers devront inclure les pièces suivantes :
- Une lettre de candidature
- Un curriculum vitae détaillé du candidat
- Une notice de présentation des travaux réalisés et/ou des projets de recherche (5 pages maximum)
- S’il y a lieu, une liste des publications rendant compte des travaux déjà effectués (rapports, articles, ouvrages…)
Toutes les informations complémentaires pourront être fournies par le coordinateur du Prix 2011 :
Paul Schuler au 03 27 60 88 22 / 06 62 85 60 11 ou par courrielà theophile-legrand@hotmail.fr
Call for Applications 2011
The Théophile Legrand - Institut de France Foundation, created in 2007 by Christian Cambier and chaired by the Chancellor of the Institut de France, Gabriel de Broglie, launched the “Théophile Legrand International Textile Innovation 2011 Award”, the leading international challenge of its kind in terms of prize money ! With a total prize fund of €18,000 (€10,000 for the winner and €8,000 for the runnerup), the purpose of these two awards is to salute the efforts of researchers who have either invented a new original textile fibre or a new industrial textile manufacturing processes. Awards for 2011 will be given on saturday, october 1th at 4:30 PM, in the auditorium of the Bol Vert in Trélon (59 - France).
Applications should be either in French or in English, and must be sent by August 7, 2011 to E-mail : theophile-legrand@hotmail.fr
Application should contain :
- application letter
- detailed résumé of applicant
- presentation and summary of achieved work and/or research projects (5pages max.)
-if applicable, a bibliography of published documents on achieved projects (reports, articles, books, etc)
Warning, the prize-winners of the previous Award cannot compete to the Award of the Textile Innovation 2011.
Please contact coordinator of the Price Paul Schuler for additional information : 06 32 37 28 77
E-mail : theophile-legrand@hotmail.fr
Site Internet : http://www.theophilelegrand.w1w.fr
Téléchargez ici le dossier de presse du Prix de l'Innovation Textile 2011 :
Dossier de Presse du Prix de l'Innovation Textile 2011.pdf
Téléchargez ici le dossier de présentation des partenaires du Prix de l'Innovation Textile 2011 :
Presentation du Prix Théophile Legrand 2011.pdf
Lancement du Prix International Théophile Legrand de l’Innovation Textile 2011 à l'Institut de France à Paris
Recherche candidats pour succéder à l’inventeur du textile auto-rafraichissant !
La Fondation Théophile Legrand – Institut de France, créée en 2007 à l’initiative de Christian Cambier et présidée par le chancelier de l'Institut de France, Gabriel De Broglie, a lancé ce lundi 21 mars le Prix International Théophile Legrand de l’Innovation Textile 2011, au siège de l'Institut de France à Paris. Il s’agit du plus important challenge international de l’innovation textile au niveau de sa dotation ! Ce prix prestigieux sera remis par Christian Cambier, l’un des descendants directs de Théophile Legrand, le « Fondateur de l’industrie lainière » en France, au 19ème siècle. D’une somme totale de 18 000 euros (10 000 € pour le premier et 8 000 € pour le second lauréat), ces deux Prix récompenseront deux chercheurs qui auront inventé une nouvelle fibre textile originale ou de nouveaux procédés novateurs de production industrielle textile. Les candidats ont jusqu’au 31 juillet 2011 pour déposer leur dossier. La remise des récompenses aura lieu le samedi 1er octobre 2011 à 16h30, à l’auditorium du Bol Vert à Trélon (59).
Un « textile intelligent » détecteur de températures spécifiques récompensé en 2009
En 2009, lors de la première édition, 6 chercheurs de 3 nationalités différentes avaient proposé leur candidature. Aurélie Cayla, doctorante à l’ENSAIT à Roubaix, obtenait le Premier Prix en inventant un « textile intelligent », capable de détecter des températures extrêmes et spécifiques (seuil de douleur, point de fusion…), ainsi que des produits chimiques dans l’atmosphère, grâce à un filage de multi-filaments chargés en « Nanotubes de Carbone ». Ce nouveau « textile » devrait être intégré très rapidement dans les équipements de protections individuelles, notamment ceux des sapeurs pompiers. Son utilisation dans de nombreux autres secteurs économiques, allant du médical à la protection, en passant par le bâtiment, promet à ce « textile intelligent » un avenir assuré et une production industrielle à moyen terme.
16 candidats de 9 nationalités différentes en 2010 !
L’an dernier, 16 candidats de 9 nationalités différentes (8 français et 8 originaires du Bangladesh, des USA, de la Chine, de l’Italie, de la Grande Bretagne, de la Belgique, de l’Inde et de l’Egypte) ont concouru à la seconde édition du Prix International Théophile Legrand de l’Innovation Textile. Parmi les projets présentés, on retiendra la création d’un nouveau textile « autogonflant », de tissu en 3D insonorisant ou spécialement étudié pour la protection balistique de véhicules militaires terrestres. D’autres chercheurs ont inventé un circuit textile électronique intelligent, de nouvelles fibres imperméables et des tissus antibactériens, des textiles « coussins d’air » ou pour applications médicales, des textiles qui résistent à l’usure du temps et aux actions du lavage, sans oublier des vêtements fabriqués à partir de cocons de vers à soie et en soie d'araignée ou avec une fibre de bambou « nouvelle génération ».
Un textile qui fait « fondre » la température en 2010 !
Malgré une rude concurrence internationale, Gauthier Bedek, un chercheur français âgé de 27 ans domicilié dans la région lilloise, a remporté le vendredi 19 novembre, à l’ENSAIT (Ecole Nationale Supérieure des Arts et Industries Textiles) à Roubaix, le Prix International Théophile Legrand de l’Innovation textile 2010. Il a inventé un textile auto-rafraîchissant qui est en passe d'opérer une véritable révolution dans le domaine du textile. Plusieurs industriels se positionnent déjà pour commercialiser sa création ! Sa nouvelle fibre textile vise à améliorer le confort thermique en environnement chaud ou à la suite d’un effort physique. Les sportifs ou ceux qui travaillent dans des conditions de chaleur intense sont donc les premiers concernés par ce nouveau textile intelligent ! Gauthier Bedek a obtenu ce résultat étonnant, en « mettant à profit une réaction physico-chimique qui, avec l'eau de la transpiration, va dissoudre du xylitol encapsulé, grâce à un procédé novateur. Cette nouvelle technologie permet de former une membrane semi-perméable autour du produit obtenu, qui va alors absorber l'énergie et donc la chaleur. »
Des tests concluants !
Ce textile provoque une fraicheur immédiate et constante ! Déjà très abouti, ce tissu intelligent est lavable à l'eau claire et il résiste, pour l'instant, à une dizaine de lavages. Pour ce jeune chercheur, l'enjeu prioritaire est de travailler désormais à augmenter la durabilité de l’effet de fraicheur et sa résistance au lavage répétitif, tout en permettant de pourvoir « greffer » ces microcapsules de xylitol sur différentes autres fibres textiles. Son invention vient de faire l’objet d’un dépôt de brevet et pourrait être commercialisée en 2013.
Un textile antichoc et isolant acoustique a obtenu le second Prix 2010 !
Gauthier Bedek a devancé Md Abounaïm, un doctorant originaire du Bangladesh, de l'Institut de Technologie Haute Performance en Textile de Dresden en Allemagne. Ce dernier ainventé des tissus en 3 dimensions anti choc et offrant une isolation acoustique très efficace. Cette fibre est constituée de fils hybrides de haute performance. Ces fibres permettent d’absorber l’énergie et pourront servir de composants textiles dans le secteur de l’automobile ou de l’aviation, afin de mieux supporter les chocs (en cas de crash). Le vide des tubes fibreux en 3D offre également une isolation acoustique performante. Autre avantage non négligeable : son coût de fabrication est faible, grâce une conception simple et une utilisation des machines actuelles. Le passage en industrialisation est imminent.
Du passé à l’avenir : pourquoi un Prix Théophile Legrand ?
Ce Prix de l’Innovation Textile porte le nom de Théophile Legrand, un capitaine d’industrie de la région de Fourmies, dans le Nord de la France, mort en 1877. Précurseur et novateur, Théophile Legrand est considéré comme étant le « père » du développement de l’industrie lainière à Fourmies et en France au 19ème siècle. Il fut notamment reconnu pour avoir industrialisé les filatures, en installant les premières machines à vapeur en France, puis en créant un fil de laine fantaisiste, sans oublier le fil de laine le plus fin au monde (120 kilomètres au kilo). 133 ans après sa disparition, la vie débordante du « Fondateur de l’industrie lainière » fourmille toujours d’autant d’enseignements et d’espoirs. Cet homme de « biens », qui fut le collaborateur attentif des manufacturiers de son temps, comme celui des ouvriers, devait avoir quelque chose de rare pour que « Le Journal de Fourmies » lui accorde le surnom de « Père du Peuple ». Christian Cambier, descendant de Théophile Legrand et fondateur de la Fondation du même nom, à l'origine de ce Prix avec l'Institut de France, peut donc être fier de constater que l’innovation dans l’industrie textile n’a pas dit son dernier mot en France et en Europe. Comme le prouvent les deux premiers lauréats du Prix Théophile Legrand 2009 et 2010, les chercheurs français sont à la pointe de l’innovation et sont capables de rivaliser avec les chercheurs asiatiques, européens et américains !
Les partenaires du Prix :
Ce Prix est organisé par la Fondation Théophile Legrand – Institut de France, avec le soutien de l’écomusée de l’avesnois à Fourmies et de Nicolas Soulié, en étroite collaboration avec CLUBTEX, le groupement des industriels textiles franco-belges, l’Ecole Nationale Supérieure des Arts et Industries Textiles à Roubaix, HEI à Lille, l’université de Haute Alsace à Mulhouse (ENSIA) et l’Université de Gand en Belgique.
La Fondation est abritée par l’Institut de France. Il s’agit de la plus ancienne et de la plus prestigieuse institution à pratiquer le mécénat et à gérer des dons et legs. Depuis plus de deux siècles, l’Institut, par son action, permet à la France de conserver son rang de grande puissance intellectuelle et scientifique dans le monde grâce à la générosité de nombreux donateurs. Par ailleurs, à l’instar des descendants de Théophile Legrand, plusieurs grandes entreprises nationales et internationales ont créé leur Fondation au sein de l'Institut de France, bénéficiant ainsi des conseils avisés et compétents des académiciens.
Rappel du règlement :
Ce concours international est entièrement gratuit. Il est ouvert aux chercheurs, aux doctorants ou aux étudiants de niveau Master. Son but est de favoriser l’innovation textile, la recherche, l’émulation et l’imagination en mettant en lumière la création technique ou industrielle. Les dossiers de candidatures doivent être rédigés en français ou en anglais et envoyés obligatoirement par courriel ou par voie postale, avant le 31 juillet 2011, aux adresses suivantes :
Ecomusée de l’avesnois – Paul Schuler – B.P. 65 / Place Maria Blondeau – 59 612 Fourmies Cedex
Renseignements :
Ecomusée de l’avesnois / Paul Schuler, Coordinateur du Prix International Théophile Legrand de l’Innovation Textile 2011 : 03 27 60 88 22 / 06 62 85 60 11
theophile-legrand@hotmail.fr ou pschuler@ecomusee-avesnois.fr
Téléchargez ici le dossier de presse du Prix de l'Innovation Textile 2011 :
Dossier de Presse du Prix de l'Innovation Textile 2011.pdf
Téléchargez ici le dossier de présentation des partenaires du Prix de l'Innovation Textile 2011 :
Presentation du Prix Théophile Legrand 2011.pdf
Retrouvez toute l’actualité de la Fondation sur : www.theophilelegrand.w1w.fr
Retour sur la cérémonie de remise du Prix International Théophile Legrand de l’Innovation textile 2010
Un textile auto-rafraîchissant remporte le Prix Théophile Legrand 2010 !
Malgré une rude concurrence internationale, Gauthier Bedek, un chercheur français âgé de 27 ans domicilié dans la région lilloise, a remporté le vendredi 19 novembre, à l’ENSAIT à Roubaix, le Prix International Théophile Legrand de l’Innovation textile 2010. Il a inventé un textile auto-rafraîchissant qui est en passe d'opérer une véritable révolution dans le domaine du textile. Plusieurs industriels se positionnent déjà pour commercialiser sa création !
Un textile surprenant et révolutionnaire !
Les membres du jury et les experts présents le 29 septembre dernier à Paris, ont estimé que le projet de ce candidat était « le plus abouti, le plus original, le plus innovant et le plus surprenant des nouveaux textiles de demain ». En inventant un textile, prêt à passer à l’étape de l’industrialisation et visant à améliorer le confort thermique en environnement chaud ou à la suite d’un effort physique, Gauthier Bedek a fait la différence sans aucune contestation possible, en présentant un textile, qualifié par certains membres du jury comme étant « révolutionnaire » !
Un textile qui fait fondre la température !
Les sportifs ou ceux qui travaillent dans des conditions de chaleur intense sont les premiers concernés par ce nouveau textile intelligent ! Mais comment Gauthier Bedek parvient-il à réduire l'inconfort provoqué par une hausse de la température ou par un important effort physique ? Juste après avoir obtenu son prix, Gauthier Bedek a expliqué qu’il avait obtenu ce résultat étonnant, « en mettant à profit une réaction physico-chimique qui, avec l'eau de la transpiration, va dissoudre du xylitol, encapsulé grâce à un procédé novateur. Cette nouvelle technologie permet de former une membrane semi-perméable autour du produit obtenu, qui va alors absorber l'énergie et donc la chaleur ».
Des tests concluants !
Pour étayer sa démonstration, Gauthier Bedek a présenté au public les résultats des tests effectués sur des coureurs. Comme l’indique la courbe de ses schémas, la température à la surface de la peau diminue réellement de plusieurs degrés, dés que la sensation de chaleur apparaît. Ce textile provoque ainsi une fraicheur immédiate et constante, pendant au moins 3 heures à la suite ! Déjà très abouti, ce textile intelligent est lavable à l'eau claire et il résiste, pour l'instant, à une dizaine de lavages. Pour ce jeune chercheur, l'enjeu prioritaire est de travailler désormais à augmenter la durabilité de l’effet de fraicheur et sa résistance au lavage répétitif, tout en permettant de pourvoir greffer ces microcapsules de xylitol sur différentes fibres textiles. Son invention vient de faire l’objet d’un dépôt de brevet. Une phase de semi-industrialisation est en cours de test avec un partenaire reconnu dans ce secteur des matériaux thermorégulants : la société DAMART, qui dans les années 80 avait lancé son « thermolactyl » : un vêtement chauffant.
Un tissu confortable et non dangereux !
Lors de la cérémonie de remise du Prix Théophile Legrand, le chercheur a présenté un prototype de ce nouveau textile auto-rafraichissant. Ce tissu a la particularité d’être à la fois autonome, réversible, fin, confortable et non dangereux. Il pourra être utilisé pour la création d’une gamme de sous vêtements d’été ou pour des vêtements de sport spécialement conçus pour supporter un environnement chaud et sec. Même s’il reste encore quelques détails à régler, Gauthier Bedek estime que le passage à l’industrialisation est aujourd’hui imminent. Une collection auto-rafraichissante pourrait ainsi créer la surprise dans le commerce, dans moins de deux ans, si tout se déroule comme prévu. En tous cas, son invention est loin d’être passée inaperçue, car avant même d'être auréolé de son Prix International de l'Innovation Textile, Gauthier Bedek a déjà été recruté comme enseignant – chercheur par l'école d'ingénieurs HEI à Lille, pour son laboratoire textile.
Un textile antichoc et isolant acoustique remporte le
second Prix !
Gauthier Bedek devance
Md Abounaïm, un doctorant originaire du
Bangladesh, de l'Institut de Technologie Haute Performance en Textile de Dresden
en Allemagne. Ce dernier a inventé des tissus en
3 dimensions anti choc et offrant une isolation acoustique très efficace. Cette
fibre est constituée de fils hybrides de haute performance. Ces fibres
permettent d’absorber l’énergie et pourront servir de composants textiles dans
le secteur de l’automobile ou de l’aviation par exemple, afin de mieux
supporter les chocs (en cas de crash). Le vide des tubes fibreux en 3D offre
également une isolation acoustique performante. Autre avantage non
négligeable : son coût de fabrication est faible, grâce une conception
simple et une utilisation des machines actuelles. Le passage en industrialisation est là
aussi imminent.
Organisé par Nicolas
Soulié - Prest@tions Individu’Elles - pour la Fondation Théophile Legrand – Institut de France, en étroite collaboration avec l’écomusée de
l’avesnois à Fourmies, HEI à Lille, l’ENSAIT à Roubaix, CLUBTEX (le groupement
des industriels du textile technique) et les plus grandes écoles françaises
d’ingénieurs textiles, ce Prix de l’Innovation textile a pris une réelle envergure
internationale. Avec pas moins de 16 candidats de 9 nationalités
différentes : 8 français et 8 chercheurs originaires du Bangladesh, des
Etats Unis, de la Chine,
de l’Italie, de la
Grande Bretagne, de la Belgique, de l’Inde et de l’Egypte, le Prix
Théophile Legrand est monté en puissance, dès sa deuxième année d’existence. Il
y avait 6 candidats de 3 nationalités différentes en 2009. Il faut signaler
qu’il s’agit du Prix Textile le plus important au niveau mondial, par sa dotation
(10 000 € pour le premier et 8 000 € pour le second).
Du gilet autogonflant à la soie d’araignée !
Parmi les 15 autres projets présentés, on retiendra la création d’un nouveau textile autogonflant, de tissus en 3D insonorisant ou spécialement étudié pour la protection balistique de véhicules militaires terrestres. D’autres chercheurs ont inventé un circuit textile électronique intelligent, de nouvelles fibres imperméables et des tissus antibactériens, des textiles coussins d’air ou pour applications médicales, des textiles qui résistent à l’usure du temps et aux actions du lavage, sans oublier des vêtements fabriqués à partir de cocons de vers à soie et en soie d'araignée ou avec une fibre de bambou nouvelle génération. Un nouveau procédé industriel de recyclage textile a également été élaboré par un chercheur anglais. Une doctorante de l'ITECH à Lyon a réussi de son côté à micro-encapsuler des médicaments à l'intérieur de fibres polymères. Appliquée sur des blessures, cette nouvelle fibre textile médicamenteuse permet une cicatrisation plus efficace que les méthodes traditionnelles.
Du passé à l’avenir !
Renseignements :
Nicolas Soulié
Coordinateur du Prix International
de l’innovation Textile
theophile-legrand@hotmail.fr
06 32 37 28 77
Qui était Théophile Legrand : par Jean-Louis Chappat, auteur d'une biographie sur le "Père" de Fourmies
" Théophile Legrand : Fourmies lui doit beaucoup ! "

Théophile LEGRAND est le type même de l’inconnu célèbre. Même si ses surnoms de Père de l’industrie, de Père des pauvres ou de Père de Fourmies ont traversé l’Histoire, ils n’éclairent en rien la personnalité hors du commun de ce capitaine d’industrie.
Louis Théophile LEGRAND est né en fait à Fourmies le 8 mars 1799. Il descend d’une ancienne famille fourmisienne qui déjà au XVIIIème siècle fabriquait le fil à dentelle. Ainsi le cousin de son grand-père, Nicolas LEGRAND, disputa aux Hollandais le monopole de la fabrication du fil de dentelle. Il établit alors à Fourmies en 1774 « une manufacture de fils retords et blanchis à la façon de Hollande ».
Ses années de jeunesse sont douloureuses. En 1806, à l’âge de 7 ans, il perd sa mère. Un an plus tard, il voit disparaître son petit frère d’un an et l’année suivante sa petite sœur de 4 ans. Il se retrouve ainsi seul avec son père. Nul doute que ces événements dramatiques, associés à une éducation religieuse rigoureuse, lui ont apporté sa vie durant, sagesse, humilité et commisération.
Ses années d’adolescence de 1814 à 1818 sont marquées quant à elles par l’occupation de la ville par les troupes russes, avec son cortège d’humiliations et de réquisitions. A cette époque, après avoir fréquenté le Collège d’Avesnes, il suit des études classiques au collège de Cambrai, établissement régi par un cadre religieux très strict qui devait du reste orienter sa vie future. Au sortir, il devient alors le collaborateur de son père, Louis-Joseph LEGRAND qui en 1810 avait fondé à Fourmies un retordage de fils spéciaux adossé à une filature de coton. Le 11 novembre 1819, à l’âge de vingt ans, il épouse au Puy en Velay Hélène Joséphine LABILHERIE dont il aura six enfants. Durant 5 ans, il prend ainsi la tête de la maison de commerce de son beau-père, décédé un an plus tôt.
Six mois après son retour du Puy en Velay, il fonde en avril 1825, la première filature de laine, concrétisant ainsi un projet qu’il nourrissait depuis quelques temps, celui de substituer à l’industrie du coton celle de la laine peignée. Trois mois plus tard, il équipe son usine de pompes à feu, nom savant pour désigner en fait une machine à vapeur.
Les débuts sont difficiles car cette nouvelle industrie est peu connue, seuls deux autres établissements lainiers existent alors en France : l’un au Cateau et le second à Bazancourt près de Reims. Pas de machines, pas de techniciens, pas d’ingénieurs. Tout reste à faire. Seules la ténacité et la persévérance alliées à une bonne dose de génie auront raison des difficultés. Se tenant en permanence au courant des progrès techniques, Théophile LEGRAND améliore sans cesse les procédés industriels.
Ce dernier commence par des essais sur la filature du cardé qui s’avèrent vite infructueux. Il tente ensuite de filer le peigné sur le banc à broches anglais ce qui l’amène malheureusement à un nouvel échec. Il réussit enfin avec le Mull-Jenny qu’il adopte définitivement.
Plus tard, Théophile LEGRAND porte ses efforts sur le peignage mécanique afin de remplacer le peignage à la main, lent et défectueux. Après diverses tentatives, sa préférence se porte sur la peigneuse Heilmann à laquelle il apporte des perfectionnements judicieux. C’est cette machine qui fournit le peigné avec lequel fut réalisé la fameuse levée de trame 240, envoyée à l’Exposition Universelle de Paris de 1855. Perçue comme un véritable tour de force, elle devait du reste lui rapporter une médaille de première classe.
Entre temps, il s’occupe d’améliorer le système de dégraissage pour le rendre moins pénible aux ouvriers travaillant avec de petites bassines. Il fait alors dégraisser à Liessies et à Anor où les eaux sont plus abondantes. Et au lieu de vendre le fil produit, il entreprend de faire tisser lui-même.
En 1858, Théophile LEGRAND équipe de semi-renvideurs puis de renvideurs son usine du Malakoff installée un an plus tôt en contrebas de son château-résidence. Il lui adjoint ensuite un tissage mécanique qui lui permet d’augmenter sa production en améliorant la qualité. Il fait tisser à la main dans le Cambrésis, à Maretz, Poix et Béthencourt, les tissus que ses machines ne suffisent plus à produire. Il a alors sous ses ordres jusqu’à 1700 ouvriers.
En 1863, il cède à ses fils la gestion de ses établissements de Fourmies. Alors que tout l’invite au repos, la nostalgie des affaires le reprend. Son ardeur vaillante reste intacte et il transforme alors le petit tissage à main de Glageon en une magnifique filature, à laquelle il adjoint un tissage mécanique important. Son activité dévorante, il est vrai, était légendaire. On disait de lui dans la région « qu’il n’avait jamais passé une année sans placer des briques ».

En
1848, il est nommé commandant de la Garde Nationale et on le voit
intercéder durant les troubles de l’Affaire des farines. Quoique peu
mêlé à la politique, Théophile LEGRAND est plusieurs fois investi de
fonctions publiques. En 1838, il est élu Conseiller d’Arrondissement,
tâche qu’il assumera durant dix ans. De 1848 à 1852, il est nommé
Conseiller Général du Nord, fonction au cours de laquelle il s’attache à
sortir quelque peu Fourmies de son enclavement, en prenant à bras le
corps les dossiers des chemins vicinaux. Ce mandat électif lui vaut
d’être désigné pour siéger comme juré, à la Haute Cour de Justice de
Bourges dans le procès LEDRU-ROLLIN. Succédant à son père, il est élu
Conseiller Municipal en 1843 jusqu’à sa mort. Bien qu’élu en tête à
chaque élection, il ne briguera jamais la place de maire. Il laissera
cette fonction à ses cousins Pierre Joseph et César Auguste LEGRAND.
Sollicité pour siéger au Palais Bourbon, n’ayant aucun rival à craindre
dans sa circonscription, il décline l’offre et se contente de
répondre : « Je rendrai plus de services ici qu’au Corps législatif ».
Manifestement la politique ne convenait pas à cet homme.
Invinciblement, il se sentait sans cesse ramené comme par un aimant
vers ses machines et ses ouvriers.
Cependant cette vie couronnée de succès ne fut pas exempte de peines. La plus cruelle fut sans nul doute, la mort en 1865 de son dernier fils Paul, dans un accident de voiture à cheval au retour d’un séjour de vacances dans les Pyrénées. Collaborateur précieux et attentif de son père, ce dernier l’avait envoyé en éclaireur en 1851 à l’Exposition Universelle de Londres afin de relever les innovations techniques anglaises. Sa disparition prématurée bouleverse la stratégie industrielle de Théophile LEGRAND.
Une autre de ses grandes peines a été l’incendie de sa filature du Village,
le 17 février 1857 à dix heures du soir alors qu’il venait de rentrer
de son comptoir parisien. De même, l’explosion de sa machine à vapeur à
l’usine du Malakoff, le 23 février 1864, qui brûla quatre personnes et
fit deux morts l’accabla considérablement. Le Ministre de l’Industrie
et du Commerce de l’époque requiert alors contre lui une condamnation
auprès du Procureur d’Avesnes. Théophile LEGRAND est ainsi contraint de
payer 700F d’amende et d’indemniser les victimes. Pour l’homme de
sollicitude qu’il était, on comprend que ces événements furent
particulièrement pénibles.
Toujours
à la pointe du progrès pour maintenir ses usines à l’avant-garde, il
n’est pas non plus en reste dans le domaine social. Aussi en 1858
décide-t-il de créer pour ses ouvriers une société de Secours Mutuel.
Mais son initiative dérange les desseins du régime en place, au point
qu’une lettre du Sous-préfet lui demande de surseoir instamment à son
projet.
Oui, Théophile LEGRAND occupait une place à part, que ce soit parmi ses collègues ou dans le jeu social. Aussi était-il souvent choisi dans les différends qui pouvaient apparaître. Son honnêteté intellectuelle, sa grande expérience, son respect aplanissaient les difficultés sans appel.
Cette personnalité remarquable ne pouvait laisser indifférente les autorités. C’est ainsi qu’il reçut la médaille de Chevalier de la Légion d’Honneur des mains même de l’Empereur Napoléon III, en juillet 1867 à Lille, lors des journées commémoratives du rattachement de la Flandre à la France. Cette récompense salue à la fois l’industriel éclairé et infatigable autant que l’homme généreux qui participe à la mutation de sa ville. Fourmies doit en partie à sa munificence, la création de l’école laïque Mogador, celle de l’école libre de Frères, tout comme celle de l’église, sans oublier la Société de .Charité.
Et c’est bien parce que le monde de l’usine avec ses conditions de travail inhumaines a laissé une impression d’horreur justifiée à nombre de ses contemporains que Théophile Legrand se sent interpelé dans sa conscience de chrétien par la misère de la classe ouvrière et que sa charité chrétienne le pousse à agir pour tenter de l’atténuer quelque peu.
La retraite venue, Théophile LEGRAND ne perd rien de son aménité. Il reçoit ses visiteurs en sa demeure, rue de Là-Haut, chacun venant chercher conseil auprès de lui. Il s’éteint le 31 mai 1877 en laissant pour les pauvres une rente perpétuelle sur l’État.
Sa mort est un deuil public et ses funérailles donnent lieu à une imposante manifestation d’estime et de sympathie. Dans toute la région, ce n’est qu’un concert de louanges pour rappeler les qualités et les vertus du défunt.
Ainsi tel était Théophile LEGRAND.
Et près de cent trente ans plus tard, la vie débordante du fondateur de l’industrie lainière fourmille toujours d’autant d’enseignements et d’espoirs.
Soixante ans du travail opiniâtre d’un homme éclairé, faisant fi des périls, des angoisses, des jours sans repos et des nuits sans sommeil, feront du village qu’il aimait tant, la future capitale mondiale de la laine fine peignée filée. En moins de 50 ans, la cité passe de 1800 à 12000 âmes. Une prouesse époustouflante, aujourd’hui encore difficilement concevable, compte tenu de la situation géographique de Fourmies, petit village niché dans une région verdoyante inconnue, perdue aux confins du Nord, de la Belgique et des Ardennes, sans routes, sans chemins, sans canal ni rivières, bref dépourvue des atouts indispensables à tout développement économique. En fait, Théophile LEGRAND vient nous rappeler simplement que l’enthousiasme est créateur et porteur d’avenir.
Oui, cet homme de biens qui fut le collaborateur attentif des manufacturiers de son temps comme celui des ouvriers, devait avoir quelque chose de rare pour que Le Journal de Fourmies lui accorde le surnom autrefois donné à Louis XII, celui de Père du peuple.
Oui,
en 2010, Fourmies a toujours une dette envers Théophile LEGRAND, sans
aucun doute le Père de notre Cité et le plus illustre de ses enfants. Oui,
cet homme éminent qui avait fait de la droiture et de la générosité,
les forces intangibles de son action industrielle innovante, méritait
bien une Fondation !
Jean-Louis CHAPPAT















































